Se tient au Petit-Palais depuis le 21 juin dernier et ce,jusqu'au 19 août une exposition forte intéressante sur la peinture arménienne de la période 1830-1930,toujours dans le cadre de la manifestation "Arménie mon amie". Dix artistes arméniens majeurs ont été sélectionnés pour une quarantaine d'oeuvres aux inspirations différentes,tour à tour portraits,paysages,scènes historiques,eligieuses ou de la vie quotidienne, ils nous offrent une tranche de vie arménienne entre la moitié du XIXème et celle du XXème siècle, à un moment de l'Histoire de l'Arménie des plus tendues et tragiques. Ces artistes sont: Hovnatanian, Aïvazovski, Bachindjaghian, Souréniants, Aghadjanian, Terlémézian, Nasariants, Tadévossian, Khodjabekian, Sarian, et Yakoulov.
Des noms qui n'évoquent rien pour le grand public occidental mais qui sont synonymes de génie pour le peuple arménien. L'exposition se décompose en cinq parties qui sont autant de genres: le portrait,comme un témoignage des physionomies et des habitudes vestimentaires arméniennes de l'époque,sous les coups de pinceau d'Hovnatanian (dont le portrait de Natalia Théoumian est considéré comme l"joconde" arménienne), Aghadjanian et Nasariants; les peintures historiques dont le thème central est la série de massacres des arméniens en 1895- 1896 par les ottomans dont Tadévossian et Souréniants se font écho; les paysages, caractérisés par des contrées montagneuses où s'opposent finement des contrastes de couleurs, entre impressionnisme,post-impressionnisme et romantisme, dont Bachindjaghian et Terlémézian se font les maitres et enfin les dessins avec l'artiste Khodjabelian,dans un style épuré proche de l'esquisse où il aborde les thèmes de la fête,le mariage mais aussi un sujet plus grave: les déportations d'arméniens dès 1895.
Formés à l'étranger,de Paris à Moscou en passant par Saint-Pétersbourg et Madrid,ces artistes importent en Arménie des techniques européennes qu'ils vont mettre au service de l'art arménien, non en calquant l'art occidental, mais en l'impregnant dans les thèmes abordés du fort sentiment de l'identité nationale arménienne ainsi que dans les messages qu'il veut transmettre de l'attachement à la patrie et de la volonté d'indépendance d'un nationalisme arménien naissant à la fin du XIXème siècle.
En 1828 l'entrée sous domination russe de l'Arménie orientale coïncide avec un regain de la peinture arménienne dont les artistes sillonnent l'Europe à la recherche de nouvelles techniques qui leur serviront pour exalter l'art arménienne et affirmer une identité et une culture singulière à laquelle ils sont très fiers et très attachés mais nous auront le temps de détailler tout ceci un peu plus en profondeur très bientot....