Un Arménien traque les responsables du génocide
Archavir Chiragian est alors membre de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnak), l'une des formations qui, aujourd'hui justement, participe au pouvoir à Erevan. Dans un style froid, il raconte comment ce parti a décidé de rendre justice lui-même en éliminant les responsables jeunes-turcs du génocide, condamnés à mort par contumace en 1919 à Constantinople, mais auxquels la sentence n'a jamais été appliquée, en raison des réticences turques et des carences du droit international d'alors. L'opération Némésis commence.
À 19 ans, le jeune Archavir apprend qu'il doit abattre à Rome et à Berlin trois dirigeants jeunes-turcs. Dans un minutieux récit à la première personne, Archavir "le diabolique", comme l'appellent les agents secrets turcs lancés à sa poursuite, décrit filatures et autres techniques clandestines avec une précision qui intéressera les spécialistes du terrorisme. L'homme chargé de tuer ne doit pas apparaître dans les réunions préparatoires; aucun membre du réseau ne connaît sa "planque". "Mercure", comme le surnomment ses camarades, parce qu'il parle et se déplace rapidement, court "brasseries, halls d'hôtels et restaurants" pour mieux "se comporter en simple étudiant ou touriste". »
Un témoignage unique qui peut figurer en bonne place dans la littérature concernant le terrorisme. Non point du terrorisme aveugle et publicitaire tant pratiqué aujourd'hui, mais, terrorisme du dernier recours au nom d'une collectivité, dans le droit fil de la tradition du tyranicide.
Archavir Chiragian est alors membre de la Fédération révolutionnaire arménienne (Dachnak), l'une des formations qui, aujourd'hui justement, participe au pouvoir à Erevan. Dans un style froid, il raconte comment ce parti a décidé de rendre justice lui-même en éliminant les responsables jeunes-turcs du génocide, condamnés à mort par contumace en 1919 à Constantinople, mais auxquels la sentence n'a jamais été appliquée, en raison des réticences turques et des carences du droit international d'alors. L'opération Némésis commence.
À 19 ans, le jeune Archavir apprend qu'il doit abattre à Rome et à Berlin trois dirigeants jeunes-turcs. Dans un minutieux récit à la première personne, Archavir "le diabolique", comme l'appellent les agents secrets turcs lancés à sa poursuite, décrit filatures et autres techniques clandestines avec une précision qui intéressera les spécialistes du terrorisme. L'homme chargé de tuer ne doit pas apparaître dans les réunions préparatoires; aucun membre du réseau ne connaît sa "planque". "Mercure", comme le surnomment ses camarades, parce qu'il parle et se déplace rapidement, court "brasseries, halls d'hôtels et restaurants" pour mieux "se comporter en simple étudiant ou touriste". »
Un témoignage unique qui peut figurer en bonne place dans la littérature concernant le terrorisme. Non point du terrorisme aveugle et publicitaire tant pratiqué aujourd'hui, mais, terrorisme du dernier recours au nom d'une collectivité, dans le droit fil de la tradition du tyranicide.
